30 novembre 2007
Ciotti c'est finiiiiiiiii...
L'annonce hier du haut de la liste de Christian Estrosi a sonné le glas des ambitions d'Eric Ciotti, qui souhaitait ardemment remplacer son patron à la tête du Conseil Général plutôt que figurer en bonne place sur la liste municipale UMP.
Las, il continuera de se taper le sale boulot en tant que 1er adjoint et laissera Christian Estrosi rafler les honneurs et parader dans Nice-Matin. Estrosi ne voit personne d'autre que lui pour tenir la mairie lorsqu'il sera à Paris ou sous les tropiques, c'est à dire 5 jours par semaine. Etapparemment, il souhaitait aussi freiner l'ascension fulgurante de son bras droit car personne ne connait mieux que lui le mélange dévastateur d'ambition et d'intelligence stratégique qui anime le député de la 1ère circonscription.
Eric Ciotti ne briguera donc pas le siège de conseiller général du 1er canton, détenu par le socialiste Marc Concas. C'est Andrée Alziari-Nègre, sa suppléante, qui s'y collera.
Outre, les demandes pressantes de Christian Estrosi, il craignait comme la peste que Peyrat mette sa menace de se présenter contre lui à exécution. Au point qu'il a un temps pensé mettre Gaston Franco à la retraite et se présenter dans le canton de St Martin Vésubie pour se mettre à l'abri de Peyrat. Mais il a vite compris que ce n'était pas une option tenable.
Il lui restera son siège de député et son poste de 1er adjoint me direz-vous. Pas mal, 18 mois après son entrée en politique. Oui, mais si Eric Ciotti est rentré dans l'arène ce n'est pas pour y faire de la figuration et pour avoir toute sa vie à forcer le passage pour être sur la photo. Il sait qu'il vaut mieux que ça et il le prouvera. Mais pas tout de suite...
29 novembre 2007
En bref...
MEETING DE POCHE
Satisfecit du côté de l'équipe de campagne de Patrick Mottard après le premier "meeting" de campagne à l'hôtel Westminster. 170 personnes sont venus écouter (150 selon la police) l'ancien leader de Nice-Plurielle. Un chiffre qui ressemble plus à une réunion publique pour des élections cantonales mais qui semblait ravir les organisateurs. "On a dû rajouter des chaises" se sont-il exclamés devant la presse avec un sacré aplomb. Un succès qu'on vous dit... Christian Estrosi en tremble encore!
CA COMMENCE BIEN!
Christian Estrosi justement a quelques soucis avec un de ses plus éminents soutiens, le paléonthologue Henry de Lumley-Woodyear. L'information n'est bizarrement pas arrivée jusqu'aux colonnes de Nice-Matin (pourant, même le Figaro en a parlé), mais le vieux professeur comparaît devant la 31ème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir favorisé des entreprises dans le cadre de passation de marchés publics (on y revient toujours) lorsqu'il était directeur du muséum d'histoire naturelle. Il risque 2 ans de prison et 20.000 euros d'amende. Aujourd'hui reconverti dans un institut monégasque, ce qui l'amène à s'afficher régulièrement en compagnie du président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, Henry de Lumley plaide "la négligence"
EN EAU DE BOUDIN
Non contents d'avoir courageusement bravé la pluie, les infortunés membres de la chorale chargée d'animer l'inauguration du tramway (les voix de de Nice) ont dû faire face à une exigence très particulière de Jacques Peyrat. Celui-ci tenait absolument à ce que les choristes chantent "Tiens voilà du boudin" et leur a fait vertement savoir. Ils ont beau cherché à expliquer qu'ils n'avaient rien préparé, ils ont fini par s'exécuter, assez poussivement. Mais qu'importe la performance technique, le maire était aux anges. On ne l'avait plus vu aussi heureux depuis le dernier festival de musique militaire.
28 novembre 2007
Sondages : ça barde!
Les sondages de pré-campagne sont en train de créer une vive polémique entre les équipes de Jacques Peyrat et de Christian Estrosi. Le Canard Enchaîné révèle aujourd'hui que c'est sur pression du groupe Hersant que Michel Comboul et Nice-Matin ont dû publier vendredi dernier le sondage TNS Sofres donnant Christian Estrosi gagnant au 1er tour avec 51% des voix.
Or, il s'avère que Christian Estrosi a activement soutenu Philippe Hersant, imminent propriétaire du titre (on attend toujours le feu vert de l'autorité de la concurrence), lors de la procédure de rachat du Pôle Sud du groupe Lagardère. De bonne guerre lorsqu'on sait que le groupe Hersant possède par ailleurs une grande partie des titres de la France d'outre-mer... dont Christian Estrosi est le (sous-)ministre.
Le candidat de l'UMP a compris depuis longtemps que les journaux étaient des entreprises comme les autres. Nice-Matin bénéficie ainsi depuis qu'il est président du Conseil Général d'achats d'espaces publicitaires pharaoniques de la part de l'institution départementale. Et on ne peut pas dire que notre quotidien local soit ingrat en retour sur la couverture qu'il lui accorde, c'est le moins qu'on puisse dire! Il faut savoir que dans la principale salle de rédaction de Nice-Matin, route de Grenoble, la Une faisant état de l'accession de Cri-Cri au ministère de l'aménagement du territoire, est accrochée au mur.
Mais il semble que cette fois, Christian Estrosi soit allé trop loin en faisant imposer ce sondage la veille de l'inauguration du tramway. Michel Comboul, le PDG de Nice-Matin, a lui-même exprimé ses réticences même s'il a fini par se plier à la volonté de son actionnaire. Surtout, les journalistes ont exprimé un ras-le-bol face à des manipulations de plus en plus grossières. Aucun journaliste n'a voulu commenter le sondage et le SNJ s'est même fendu d'un communiqué pour dénoncer ces pratiques.
Hier, la confusion s'est amplifiée avec la révélation par Jacques Peyrat que le sondage qu'il a commandé à l'institut CSA pour son usage personnel, et qui était jusqu'à présent secret-défense, créditait Christian Estrosi de "seulement" 34% des voix et lui-même de 16%, sans préciser la configuration ni le score des autres prétendants. Or, s'il dit vrai, vu les pourcentages restant à attribuer, on peut en conclure que le candidat socialiste, Patrick Allemand, ne doit pas être très loin d'Estrosi.
Quoi qu'il en soit, Eric Ciotti a immédiatement saisi la commission des sondages pour dénoncer ce qu'il considère comme une manipulation du maire.
Cette fois, la guerre a bel et bien commencé. Pour l'instant, on se bat à coup de sondages. Mais bientôt on sortira l'artillerie lourde : les dossiers noirs.
23 novembre 2007
Le sondage de Nice Matin : Les résultats
Intentions de vote au premier tour
Sondage TNS-Sofres-Logica
22 novembre 2007
Sondage Nice-Matin : les premiers échos
Depuis quelques jours, Nice-Matin annonce sur ses pages un sondage TNS-Sofres sur les municipales niçoises. C'est le 3ème après celui acheté par l'UMP fin septembre et celui commandé à l'institut CSA par Jacques Peyrat (et classé secret défense!). J'ai obtenu en avant-première les résultats, mais j'ai choisi de respecter l'exclusivité de Nice-Matin, chèrement payée, en ne révélant que les tendances.
Christian Estrosi, on s'en doutait, est toujours loin devant même si ce n'est plus aussi dévastateur que dans le sondage précédent car son score est à lire en sachant que cette fois, Rudy Salles et Jean Icart n'ont apparemment pas été testés. Sa domination apparaît donc moins écrasante même si sa position reste très enviable. Attention tout de même à une tendance à la baisse qui pourrait le faire tomber de haut. C'est un peu le syndrome Balladur. Quand on a été à 50% et plus, et qu'on se retrouve à 45%, ce qui resterait un excellent score de 1er tour, ça donne l'impression d'une dégringolade.
Jacques Peyrat profite de ce léger coup de moins bien et grapille quelques points, mais il reste loin, très loin de son ennemi. En attendant l'inauguration du tramway. Et c'est Patrick Allemand qui s'affirme doucement comme le principal challenger d'Estrosi même si l'ancien cycliste qu'il est pédale encore bien loin du sommet. A noter, et c'est important, que la candidat socialiste creuse l'écart avec Patrick Mottard par rapport à la précédente consultation qui créditait de 15% le candidat PS et de 10% le dissident, même si ce dernier résiste tant bien que mal.
Bref, ce serait mentir éhontément d'affirmer que ce sondage va relancer la course aux municipales, mais si les tendances à la baisse et à la hausse se confirment dans les prochaine semaines, le scénario d'une élection jouée d'avance pourrait connaître quelques péripéties.
20 novembre 2007
Ciotti : ça se complique
Tout fraichement élu député, Eric Ciotti voyait il y a peu encore son avenir tout tracé. Christian Estrosi candidat à la mairie de Nice, il était prêt à briguer sa succession à la présidence du Conseil Général et comptait présenter sa candidature dans le 1er canton détenu par le socialiste Marc Concas. Plus qu'une formalité compte tenu de l'implantation de ce dernier mais avec la vague estrosiste annoncée avant la candidature Peyrat, il y avait de quoi être optimiste.
Mais patatras! En premier lieu Jacques Peyrat s'est non seulement porté candidat à un troisième mandat mais il a annoncé - officieusement - dans la foulée son intention d'être candidat dans le 1er canton. Comme en 1995, il a décidé de jouer l'offensive tous azimuts et a trouvé un digne successeur de Patrick Stéfanini en la personne d'Eric Ciotti, sa nouvelle bête noire. Il mène notamment une campagne de dénigrement auprès des employés municipaux qui craignent une mairie régentée de fait par Von Ciotti derrière les risettes d'Estrosi.
D'autre part, Christian Estrosi voudrait garder son bras droit sous son aile à la mairie en tant que n°2 de l'équipe municipale (n°3 sur la liste, parité oblige) plutôt que de le voir prendre son envol au Conseil Général. 4 ou 5 jours par semaine à Paris, le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer aura besoin d'un homme de confiance pour gérer la municipalité au jour le jour et Eric Ciotti a su depuis des années se rendre indispensable par sa rigueur (d'où le surnom de Von Ciotti) et son intelligence stratégique.
Alors qui à la présidence du Conseil général ? Charles-Ange Ginésy semble le choix le plus logique. Mais Christian Estrosi a mis suffisamment de temps à prendre le département aux Ginésy pour le rendre aussi facilement. Alors il songerait à d'autres solutions et, inévitablement, les rumeurs partent dans tous les sens. La dernière en date fait état d'une femme...
Mais Eric Ciotti n'a pas abdiqué. Et s'il se sort du bourbier qui s'annonce dans le 1er canton, ce ne sera pas pour obtenir une vulgaire vice-présidence. Reste à convaincre le patron et, selon des membres du premier cercle, ce ne sera pas moins difficile que de battre Marc Concas et Jacques Peyrat.
* Photo Nice Rendez-Vous
17 novembre 2007
Juste une mise au point
Ma chronique précédente a provoqué beaucoup de réactions, bien plus que j'en attendais. Certaines houleuses, démontrant que j'ai touché un point sensible. D'autres plus courtoises et dans l'esprit des Démocrates. Parmi celles-ci un email de Hérvé Cael qui m'a donné son accord pour que je fasse une mise au point concernant sa position sur les municipales. Je lui ai par ailleurs proposé une tribune libre que je publierai avec plaisir sur ce blog pour fournir toutes les précisions qu'il juge nécessaire sur le sujet.
Hervé Cael m'affirme en substance qu'il demeure plus que jamais fidèle à François Bayrou, que le MoDem jouera un rôle important dans cette campagne et qu'il ne perçoit pas la politique en termes de ralliement ou de plan de carrière.
Il n'a pas pour autant démenti formellement la possibilité d'une alliance avec Christian Estrosi. Mais peut-être le fera t'il dans sa prochaine tribune libre. En attendant, dont acte.
14 novembre 2007
Friture sur la ligne
Le Modem croyait avoir purgé tous les gens susceptibles d'aller à la soupe UMP à l'occasion des élections législatives de juin. Il n'en est rien, en tout cas à Nice où on assiste en interne à un sacré pataques. Car personne n'est d'accord sur la stratégie à suivre entre liste autonome et alliances, et pire, on annonce que le prochain "rallié" à la cause UMP ne serait autre que Hervé Cael, le leader local du Mouvement Démocrate, qui amènerait avec lui une partie de l'appareil sur la liste Estrosi. Un nouveau coup de poignard dans la stratégie anti-gouvernementale de François Bayrou.
Les nouveaux militants qui ont adhéré dans le sillage du positionnement du candidat centriste aux présidentielles voient évidemment ce ralliement annoncé d'un mauvais oeil et souhaiteraient plutôt, à défaut d'une liste autonome, une alliance de circonstance avec une liste de gauche, de préférence celle de Patrick Allemand, à leurs yeux plus "moderne" que le fabiusien Patrick Mottard. C'est aussi le cas du pôle écologiste du parti centriste, Cap 21, et de quelques cadres minoritaires. Patrick Allemand a un autre avantage, beaucoup plus terre à terre, aux yeux du MoDem. Il enverra un contingent d'élus appréciable au Conseil Municipal même s'il perd. Patrick Mottard risque de ne pas avoir d'élus du tout (s'il ne dépasse pas les 5%), et même s'il réalise un score inespéré, il n'en aura qu'une petite poignée. Difficile donc de trouver une place éligible sur sa liste et les aspirants candidats du MoDem veulent absolument exister en tant qu'élus après avoir attiré une base militante vers le parti.
Reste le cas des ex-candidates aux législatives, qui ne pesant pas assez dans l'appareil face à la coalition masculine, n'ont pas pu imposer leurs propres choix qui se rapprochent plus de celui des militants. C'est le cas de la jolie Céline Lacroix, qui a représenté le MoDem dans la 2ème circonscription mais n'en est pas formellement membre. Elle restera fidèle à sa ligne anti-parti en figurant sur la liste de Patrick Mottard. Quant à Karine Lambert, qui était candidate face à Christian Estrosi dans la 5ème circonscription, il semblerait qu'elle s'interroge toujours mais si elle s'engage ce ne sera vraisemblablement pas sur la liste UMP.
Au Modem, on a effectivement dépassé le clivage droite-gauche jugé archaïque, mais pour le remplacer par des clivages encore plus anciens. D'une part, l'opposition entre la base et le sommet. D'autre part, une guerre vieille comme le monde. Celle qui oppose les hommes et les femmes depuis la nuit des temps...
13 novembre 2007
"Je suis venu voter pour Estrosi"
J'ai tenté de résister durant presqu'un mois sans écrire d'article malgré les menaces de mort de Jaquou. J'ai surtout, durant cette période, éplucher le net et je vous prépare une nouvelle série d'articles sur les blogs politico-médiatiques du net azuréen. Auparavant, je vous aurai donné un nouvel épisode d'"Elus on Line" avec l'étude des sites de P. Allemand.
Avant tout cela, je souhaitais vous donner les dernières rumeurs issues des services municipaux au sujet des inscriptions sur les listes électorales. La météo est, pour l'instant, calme avant le grand rush de fin d'année qui verra défiler tous les citoyens qui ont attendu l'ultime minute pour s'inscrire sur les listes. Enfin, comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Surtout, pour cette élection qui, après les présidentielles, est celle qui passionne le plus les français.
Pourquoi ce titre ? Tout simplement parce qu'en ce moment, un étonnant ballet d'électeurs azuréens domiciliés dans le moyen et le haut pays (des vallées de la Tinée et du Var pour être précis...) débarquent de leur montagne pour s'inscrire à Nice. A un rythme soutenu, ils arborent fièrement leurs couleurs "bleu-ump" et introduisent leur propos par un cinglant "je suis venu voter pour Estrosi, comment dois-je faire ?" De là à penser que la machine UMP est derrière, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement car c'est bien le seul candidat qui reçoit ce traitement flatteur. En même temps, si un seul quidam arrive et dit : "Bonjour, je suis venu voter pour Mottard !"; le lendemain, le bras médiatique de Mottard, Nice Premium, en fait une série d'articles pendant une semaine en titrant : "On vient de loin pour voter Mottard ! la Victoire est en marche ".
Qu'on se le dise, malgré l'épisode Peyrat qui reste en travers de la gorge d'Estrosi, l'UMP ne laissera rien au hasard et s'il peut grappiller quelques centaines de voix en rapatriant les bergers de La Tinée, il ne va pas se gêner.
12 novembre 2007
Masséna et le cachalot
La semaine dernière est paru un article sur Le Point sur Christian Estrosi, sa vie son oeuvre. Il était notamment invité à réciter son plat préféré, ses gouts artistiques et culinaires histoire de prouver que même 5 jours par semaine à Paris il demeurait 100% nissart.
J'y ai appris des choses assez étonnantes de la plume du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. D'abord sur sa plage préférée... la Baie des Anges (une grande plage s'il en est!) "avec ses baleines, ses dauphins, ses cachalots" Les baleine et les dauphins, passons. On n'en croise pas tous les jours mais il peut arriver que par un sens de l'orientation particulièrement défaillant, certains s'échouent sur nos plages. Mais des cachalots dans la Baie des Anges il faudra qu'il m'explique où il en a vu! Marineland ce n'est déjà plus la Baie des Anges, Christian...
Il évoque ensuite son personnage historique favori, André Masséna, "« l’enfant chéri de la victoire », un enfant de la Révolution française qui fut un héros de l’épopée napoléonienne. Il a réussi à inscrire son nom à Rivoli, Marengo, Wagram, etc." Les férus d'histoire et d'identité niçoise ont dû s'étrangler en lisant ça car si André Masséna est bien né dans le comté de Nice, lorsqu'il y est revenu en 1792 comme général de l'armée française c'est pour réprimer sévèrement le mouvement barbet commettant au passage des exactions contre les civils. Une bien mauvaise habitude qu'il perpétuera, souvent par appât du gain, durant sa campagne d'Italie et qui lui vaudra à Nice et dans le Piémont le surnom "d'enfant pourri de la victoire".
Mon petit Christian, si tout le monde s'accorde à dire que tu as fait bien des progrès depuis ton diplôme de bac - 5, il te reste à travailler assidument les sciences naturelles et l'histoire.

