dsc_0026La question a longtemps agité le microcosme. Ira t'il, ira t'il pas ? Mais c'est désormais un secret de polichinelle : Christian Estrosi a décidé d'être candidat à la mairie de Nice en mars 2008.

Il y a bien eu quelques jours de flottement après sa nomination comme secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer. Le bruit d'une candidature d'Eric Ciotti a même couru pendant quelques jours. Mais une élection municipale n'est pas une législative et le "syndrome Patrick Stefanini" aurait pu frapper un nouveau technocrate dégarni. Et la rumeur a fait long feu car depuis quelques jours le président du Conseil Général ne fait plus mystère de ses intentions, au-delà même de son cercle de fidèles. Des journalistes "amis" (on devine dans quel journal) auraient même été mis dans la confidence depuis plusieurs semaines.

Les résultats des présidentielles qui ont donné 65% à Nicolas Sarkozy à Nice avaient livré une première indication de l'influence de l'ancien Ministre de l'aménagement du territoire sur la ville. Les législatives ont été quasiment triomphales. Estrosi a été élu dès le 1er tour dans la 5ème circonscription et Eric Ciotti a réussi son parachutage dans la 1ère circonscription où il a éliminé Jérome Rivière le député sortant dissident au 1er tour avant de battre Patrick Allemand, le 1er vice-président PS de la Région PACA, dont on dit de plus en plus qu'il conduira la liste d'union de la gauche aux municipales.

La machine estrosiste a tourné à plein durant ces élections. La débauche de moyens a été considérable. Du jamais vu depuis l'époque du grand Jacques Médecin. Jérome Rivière député sortant malheureux a dénoncé à plusieurs reprises des pratiques clientélistes d'un autre age (subventions à gogo, promesses d'emploi, utilisation des moyens publics...). En vain. Nice se cherche un patron et Estrosi s'affiche de plus en plus comme tel.

Mais ce tableau idyllique néglige un acteur essentiel : le maire lui-même! Jacques Peyrat n'entend pas céder un pouce de terrain et promet à qui veut l'entendre qu'il se battra jusqu'au bout.

La pression sera pourtant immense et les coups ne vont pas manquer de pleuvoir. Son siège de sénateur peut être menacé. Beaucoup de ses "amis" vont être tentés de rejoindre le camp d'en face plutôt que d'être broyés par le rouleau compresseur UMP. Mais ceux qui le connaissent bien savent qu'il est resté un militaire dans l'âme et qu'il préfèrera mourir les armes à la main plutôt que de céder à un quelconque chantage. Et puis il compte beaucoup sur l'onde de choc positive de l'inauguration du tramway en novembre.

Si bien que parti comme c'est parti, on se dirige vers une triangulaire au second tour des municipales. Et dans cette configuration, la gauche menée par un des deux Patrick (Mottard ou Allemand) a toutes ses chances dans une ville sociologiquement cauchemardesque pour elle. Il ne faut jamais sous-estimer la droite la plus bête de France.